Grandry, le 14 août 2007
L'été se profile et les repères reviennent peu à peu. Les souvenirs jaillissent, inexorablement. Il y avait bien longtemps que je n'avais pas ressenti ce besoin quasi-vital à être là, au coeur de cette campagne bourguignonne. J'aime pourtant Paris, sa folie estivale et le fourmillement incessant de ses passants. j'aime m'allonger sur les rebords de Seine tout près de Bastille et contempler lors des beaux jours venus l'éclat du soleil, scintillant sur l'eau. Paris offre un spectacle qui n'a de cesse de se renouveler à chaque instant. J'aime me promener le long des ponts parisiens et sentir la chaleur du soleil. Moments propices à une totale évasion de la pensée. Paris est beau, Paris est un village grandeur nature comme me l'a dit une fois un anglais. Mais Paris se métamorphose quelques fois en une prison. Tout n'est alors que répétition, de celle qui empêche de respirer et de vivre pleinement, en douceur. L'agitation permanente opresse. La fuite s'avère dés lors inévitable. Fuire le bruit, la violence. Ce stress typiquement parisien... L'échappatoire se résume alors en quelques mots, en quelques souvenirs, en un endroit paisible et calme. Je suis à cet endroit maintenant et j'y suis right now!
... Le paysage qui s'étend devant moi ne cesse lui aussi d'évoluer au gré des saisons. Mais les couleurs chatoyantes de cette campagne que nous affectionnons tant sont les mêmes qu'auparavant. Finalement, seules les personnes changent. Les centres d'intérêts ne sont plus les mêmes, les avis divergent, les regards se croisent mais sans aucune parole prononcée. Et c'est à cet instant que tout prend forme, que certains constats s'imposent et que le passé s'éloigne. C'est quand les regards se croisent que l'on réalise qu'il faut avancer. Et c'est un sentiment libérateur. Autant être amoureux est une émotion magnifique, autant ne plus l'être -et sans rendre compte un peu plus, rend légére la personne que nous sommes. Ne plus être dépendant d'un quelconque sentiment et se construire seul, sans excuse ni faux-semblants. Etre vivant tout simplement.